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L'histoire d'Arnières est liée à l'Iton depuis des temps immémoriaux. Tour à tour amie ou ennemie, la rivière a attiré l'homme et ses activités dès les temps préhistoriques.
Indispensable à l'économie du village, au cours des siècles elle procure sa force motrice, fertilise les prairies, autorise la pêche et même
le flottage du bois. Elle distribue à profusion l'eau indispensable à toute vie humaine.
Mais comme rien n'est parfait, l'Iton n'est pas toujours docile et quand elle sort de son lit, elle sème aussi la désolation.
Fin 1999, début 2000, rue du Moussel, la route est coupée.
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La rivière
Dès sa rapparition à la ferme d
e Gaudreville, l'Iton se gonfle du Rouloir qui vient de Conches et reçoit
les résurgences de la Fosse au Dames sous la colline de glisolles. Il traverse La Bonneville, Aulnay, puis entre dans Arnières par les
grands prés de Bérengeville et en sort en deux bras dans les prairies de Navarre.
Tel que nous le connaissons, l'Iton coule dans un lit amélioré. Son cours, aménagé pour les moulins, le flottage, les irrigations, se présente sous un aspect assurément différent de
celui du temps de Saint Laud. Biefs et vannes, dérivations, canaux d'arrosement montrent le travail des hommes pour se servir de la rivière. Les saules survivants et les peupliers à l'entour des
moulins, nous rappellent également leur souci de l'embellir et de fixer la terre des rives.
Depuis sa résurgence et l'apport du Rouloir, le courant est fort et rapide, plus que ne le laisseraient supposer les pertes du cours moyen. Aussi les crues étaient-elles autrefois
génératrices de dégâts. Le cahier de doléances de Bérengeville de 1789, en contient le témoignage irrécusable.
C'est pour écarter le risque des inondations ou en atténuer les effets qu'ont dû être creusées les dérivations qui commencent en amont des moulins et rejoignent le bras principal en
aval, dessinant autant d'îles dans la vallée. Mais la préocupation des inondations n'a pas cessé de sitôt. Elle demeure présente dans les délibérations municipales au long du XIXème siècle
jusqu'à l'exhaussement des chaussées et des ponts.
L'inondation de la fin Janvier 1881 fut encore particulièrement grave. L'Iton emmporta le pont d'Arnières et l'eau atteignit le moyeu des charrettes, sur le sol insuffisament dégelé,
au Moussel et à Bérengeville. On rapporte le décès d'un Maréchal des logis de Dragons qui trouva la mort à Evreux en portant secours à des inondés.
A la Toussaint 1960, l'Iton a de nouveau, pendant une semaine, recouvert les prairies. Le flot a gagné la route au Moussel. Le Sec-Iton, généralement sans eau ou à peine humide, a
inondé les terres de son parcours et coupé la route à Gaudreville. Un mois après, il emplissait encore ses bords, cependant que la Fosse aux Dames débitait à plein les réserves de la
rivière souterraine.
La vigilance se maintient d'ailleurs de règle en cas de montée des eaux.
Malgré toutes ces précautions, en 1995 puis en 1999, de graves débordements inquiétèrent les riverains de la rue du Moussel.
Les dérivations, sont au nombre de trois: la Rivière Neuve, à Bérengeville, le Canal de la Roulette au Moussel et celle
des Chaussées ou des Domaines au Moulin d'Arnières. Les "Chaussées" sont nommées ainsi, en Normandie, pour désigner les routes
accédant aux moulins. La dénomination "Les Domaines" rappelle que les moulins d'Arnières, après la disparition de la famille "d'Asnières", tombèrent dans le "domaine" royal.
La dérivation des "Chaussées" ou des "Domaines",existe de longue date, l'île étant déjà désignée dans un parchemin de Saint Sauveur, de Juillet 1230. Il en est de même de la Roulette.
En deçà de Chenappeville, la division de l'Iton en deux bras apparait déjà au XIème siècle dans la charte d'Hilarie, Abbesse de Saint Sauveur: " ... et une terre située entre les deux bras d'eau...".
Enfin, un ruisseau public appelé Vivier,
puise son eau au Moussel dans le canal de la Roulette et l'amène, augmentée par les sources, dans le village en contrebas du chemin Gaudin*. Le vivier retourne ensuite à
l'Iton.
La rivière est franchie en trois
points par des chemins transversaux de la vallée: à Bérengeville, au Moussel et à Arnières. L'existence de ces ponts remonte loin dans le passé. Des chartes de la
Noë et de Saint Sauveur citant celui d'Arnières en 1223, 1225 et 1230. Remis en état par le Duc de Bouillon pour les besoins du flottage, ils figurent sur les plans de La Corrée de 1747 ou de
Saint Sauveur du même temps.
Le tableau général des chemins de 1841 donne l'Iton comme étant guéable à Arnières, pour les voitures au départ de la route du gros Aulne. Plus tard, en 1856, une délibération
signale les incommodités de ce gué. Il ne semble pas douteux que ce soit le défaut d'entretien des ponts qui ait laissé le passage se détériorer.
Citons encore le gué de Saint Laud, appuyé par ses chemins de terre, qui n'est plus qu'un précieux souvenir du temps des Mérovingiens.
Un quatrième passage existait au Moyen Âge: le pont de Chenappeville. Ce sont les chartes de la Noë de 1196 et 1206 qui mentionnent et fournissent ainsi l'indication d'une voie
suivie. La terre et les bois donnés à l'abbaye de Roger Payen du Bois Gencelin étaient délimitées à un bout par la ruelle montant de Bérengeville à la Musse et à l'autre par le chemin
"tendant vers la vallée et le Pont de Chenappeville".
Le pont se trouvait en aval du
Franc-Manoir, c'est à dire de la propriété de la Grille Gibourdelle. A la descente du Vau Péan, le chemin débouchait dans les parages des
Rossignols, croisait celui du Bas des Côtes et de l'autre côté traversait les prairies.
L'itinéraire servait encore au XVIIIème siècle, mais seulement jusqu'à l'Iton. Dans un procès verbal d'arpentage du 29 mars 1741, il est désigné comme " l'ancien chemin du Vaupéan aux planches de Chenappeville rompu". La déclaration de 1740 du chapitre dit même
le "guay de Chenappeville". On avait donc laissé s'en aller en ruines le vieux pont du
Moyen Âge.
Malgré les bouleversements du Parc de Navarre ses assises subsistent peut-être dans le sous-sol des
prés.
Sa direction sur les plans de 1740 montre qu'avant d'être interrompu, le chemin rejoignait celui que nous connaissons sous le
nom de Chantier des Flotteurs, à son extrémité ancienne, avant les travaux du Duc de Bouillon. C'est ce qui ressort encore de la délibération
de la municipalité d'Arnières du 10 Germinal an I (30 mars 1794) demandant que: " les chemins qui ont été bouchés depuis quarante ans par le
citoyen Latour* soient ouverts et praticables, notamment celui de Chenappeville et de la Vallée des Rosssigneaux". Il ne semble pas du reste,
que le voeu ait reçu le moindre semblant de satisfaction.
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Le pont Têtu à Bérengeville -
* Chemin Gaudin: Actuellement rue
Doucerain
* Citoyen Latour: Le Duc de Bouillon
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